No all'estradizione di Zeynep Kilich e Avni Er

Lottare contro l'estradizione di Avni e Zeynep significa lottare in difesa delle libertà democratiche, contro ogni forma di fascismo, contro la persecuzione dei comunisti, dei rivoluzionari e dei progressisti; significa in definitiva lottare contro le barbarie del sistema capitalista, unica vera causa dello sfruttamento, della miseria e delle guerre.

 
 

 Lettre di Avni e Zeynep

Lettre de Zeynep a ASP de 12/05/2007  

Déclaration de Zeynep Kiliç

Déclaration de Avni Er

Lettre de Avni a Comitato permanente contro la Repressione

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La plus belle des mers,
Est celle où nous ne naviguons pas,
Le plus beau de nos enfants,
N'a pas encore grandi,
Les plus beaux de nos jours,
Nous ne les avons pas encore vécus... 

                                N.Hikmet

Rome, 12.05.2007

Lettre de Zeynep

Chers compagnes et compagnons,

J’ai reçu votre lettre du 5 mai. Votre solidarité est très significative pour moi. Je sais que depuis le début de notre procès, vous avez toujours été proches et dans le Bollettino vous avez laissé de la place pour nous. La solidarité est le vrai pouvoir et elle nous rend forts et “libres”, malgré la répression…
Comme vous le savez, dans le procès du “1er avril”, la première instance est terminée et ils nous ont condamnés. J’ai eu 5 ans et Avni 7 ans. Récemment, la motivation (de la décision) de première instance a été déposée. En ce qui concerne cette motivation (de la décision), il n’y a pas de nouveauté. Les juges ont répété les accusations faites par le Ministère Publique ; les mots, les faits sont identiques. Il n’y a même pas une analyse sur le concept de terrorisme, sur les conditions politiques et sociales de notre pays. Pour eux, ces concepts n’ont pas d’importance. La condamnation était déjà prête depuis le jour de l’opération du “1er avril”. Mais comme on dit en Anatolie, “nous avons raison et nous vaincrons”, ils ne peuvent pas condamner la résistance des peuples !
D’un autre côté, pour moi, il y a aussi le risque d’extradition vers l’Allemagne. La semaine passée (7 mai), elle a été signée par Mastella. Ils ne peuvent pas me livrer maintenant, ils attendront probablement la fin de la peine. La requête d’extradition est partie après le procès de Pérouse. La logique de l’accusation est toujours la même : le DHKP-C, pour eux, est une organisation terroriste, donc même l’activité exercée dans un centre social comme l’activité que j’ai toujours faite en Allemagne est une activité terroriste.
Malgré tous ces problèmes, nous allons toujours bien (moi et Avni).
Particulièrement, après le succès que nous avons eu dans les prisons de type F. Comme vous le savez après presque sept années et 122 martyrs, la grève de la faim a été interrompue suite à une circulaire du ministère de la Justice.
Je vous envoie un dessin que j’avais fait pour les mères de TAYAD (Association des mères des prisonniers politiques) dont plusieurs membres ont perdu la vie dans cette grande résistance.
Chers compagnons et chères compagnes, je vous salue. Je vous embrasse tous très fort.

 


Déclaration de Zeynep Kiliç

Le premier avril 2004, une opération de police a été réalisée en même temps en Italie, Turquie, Hollande, Belgique et Allemagne. Une telle opération a été justifiée en tant que “lutte contre le terrorisme international”. Le jour d’après ainsi que les suivants, approximativement 50 personnes ont été arrêtées dans toute l’Europe et autour de 100 en Turquie.

On a déclaré que c’était une opération contre le DHKP/C.

Les personnes arrêtées en Europe ont été relâchées après quelques jours, de même, en Turquie, après deux ans, elles sont toutes libres. C’est seulement en Italie pour nous que le maintien de la détention continue depuis 33 mois dans l’attente d’un jugement. La motivation initiale de cette opération avait été qu’une telle organisation aurait été dangereuse et illégale bien que ses diverses représentations soient légales et mettent en avant des batailles démocratiques. Plus précisément, elles s’occupaient d’information de journaux, radios et medias pour la garantie des droits et des libertés. Les personnes arrêtées qui portaient ce projet en avant, ont du se confronter à la souffrance et à la pauvreté dans leur vie ; ce sont des personnes désireuses de liberté et de justice et aussi bien dans les lieux qui les ont accueillis qu’à l’étranger, elles n’avaient d’autre désir que la réalisation d’une vie digne, bien qu’elles firent face à la répression, aux expulsions et à la torture.

Il n’est pas possible d’avoir une vision complète de ce procès si l’on fait abstraction de ce qui se passe dans le monde. Actuellement, le spectre du terrorisme se lève sur chaque partie de la planète. Après l’attaque du 11 septembre 2001, le Président américain, George Bush, a rendu sa position très claire : “avec nous ou contre nous”.

Par la suite, l’Afghanistan et l’Iraq ont été occupés. Alors que la haute technologie militaire tue les gens du Moyen Orient, parallèlement, la technologie de la communication pratique une manipulation massive et intensive de l’information à des fins de guerre psychologique. Maintenant, le sens des mots a subi un changement radical. Des concepts tels que la liberté et la démocratie, conquis durement par l’humanité après des milliers d’années de luttes, se sont transformés en bombes américaines contre les peuples du Moyen Orient.

Nous n’avons pas du attendre trop longtemps avant que la vérité éclate au grand jour. Cette guerre est basée sur des mensonges. Il est connu que leur démocratie s’exprime à Abu Ghraib, Guantánamo, avec les tortures perpétrées dans les bases secrètes et avec les massacres par les bombes au Napalm de Falluja devenus d’authentiques et véritables génocides. Partant de cela, on se demande : qui sont les vrais terroristes, qu’est-ce que le terrorisme ?

Au jour d’aujourd’hui, des lois antiterroristes ont été émises par les Etats-Unis et ses alliés européens les plus proches. Italie et Grande-Bretagne, les considérant prioritaires et oubliant que toutes les 9 secondes un enfant meurt de faim, qu’un milliard de personnes ne dispose pas d’eau potable, qu’il y a 800 millions d’analphabètes, qu’il y a 250 millions d’enfants contraints à travailler et qui sont exploités et qu’il y a 260 millions de gens rendus esclaves, sont en outre insouciants du fait que les libertés conquises sont niées par le biais de leurs occupations militaires. Au début, ces lois ont été dirigées contre Al-Qaeda et contre les islamistes, maintenant elles sont dirigées contre nous, des opposants à l’État turc ; qui sera concerné demain ?

A cette question, il est possible d’apporter une réponse. Selon les lois actuelles de la Grande Bretagne, constitue un crime terroriste le fait de soutenir des actions contre les entreprises qui violent les droits des animaux. Cela a été confirmé par Clarke, Ministre de l’Intérieur anglais, lequel a ajouté que le fait de soutenir des actions de ce type fait également partie d’une atroce propagande qui doit être punie (Hürriyet, 26 octobre 2005). Pour ce motif, même les activistes de GreenPeace ont été à leur tour accusés et poursuivis au Danemark.

 Est-ce que nous pouvons, nous, être accusés et jugés par la Justice italienne en tant que terroristes ?

Moi, je me trouve dans les prisons italiennes avec cette accusation et avec celle d’avoir utilisé un faux nom, Zeynep Kiliç, mais j’ai toujours été fière de ma vraie identité. Je suis d’origine kurde, née en Turquie. J’ai étudié la pédagogie et j’ai travaillé environ trois ans comme directrice d’un asile communal suite à ma licence en 1994. Pour améliorer mon anglais et continuer ma carrière académique, je me suis rendue en Angleterre. Mais mes centres d’intérêt ne sont pas limités à cela. En Turquie, être un étudiant signifie implicitement être vu comme un criminel potentiel. Un exemple parmi tant est celui du contrôle de police à l’entrée de l’Université. Aux légitimes requêtes pour une éducation scientifique libre, on répond par les arrestations et la torture. Lorsque j’étais étudiante, j’ai toujours été sensible aux problèmes de ma terre natale et j’ai participé aux luttes démocratiques à l’intérieur de l’Université. Le 1er mai 1990, j’ai été arrêtée durant une de mes visites auprès de l’association TAYAD et j’ai été enfermée dans les cellules de torture du Quartier Général de police d’Ankara. Je voudrais souligner que le 1er avril, une situation analogue à celle d’il y a 15 ans en Turquie a eu lieu mais cette fois soutenue également par l’État italien et par d’autres pays européens.

Birtan Altunbaş, dont on a mentionné le nom dans ce procès, fut torturé à mort par la police d’Ankara en 1991 ; c’était un collègue universitaire à moi. La dernière fois que je l’ai vu, ça a été deux jours avant qu’il soit arrêté ; il était engagé dans l’organisation d’une journée de grève générale. Nous avons pris connaissance de sa mort une semaine après l’arrestation.

Savez-vous ce que l’on éprouve lors de la perte de quelqu’un qui vous est cher par suite des tortures subies ?

En 1994, un cadavre a été trouvé dans le bois d’Ankara. C’était le corps d’une jeune femme torturée et violée. Son nom était Ayşenur Şimşek, elle aussi était mon amie et collègue universitaire. C’était une personne merveilleuse avec laquelle j’ai partagé les luttes à l’intérieur du campus. Encore une fois, je vous demande si vous arrivez à imaginer ce que l’on éprouve lors de la perte, de cette manière inhumaine et brutale, de quelqu’un que vous aimez.

Et ces choses, ce sont seulement les situations desquelles j’ai été directement témoin mais en Turquie tout cela est une pratique normale et routinière. Jusqu’à aujourd’hui, en fait, des milliers de personnes ont été torturées à mort et plus de 700 ont disparu après leur arrestation.

Les 20% de la population en Turquie vit sous le seuil de pauvreté. L’économie du pays, depuis le salaire d’un employé publique jusqu’à ce que gagne un paysan de sa récolte, est déterminé par le FMI. C’est l’image d’un pays proche allié des Etats-Unis et totalement dépendant aussi bien économiquement que politiquement de l’étranger. Actuellement, spécialement dans le cadre de l’Union européenne, la Turquie est présentée d’une manière qui n’a rien à voir avec la réalité à cause des pressions des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Italie en particulier en ce qui concerne le présumé processus de démocratisation interne.

En Turquie, en réalité, la Constitution qui émane de la période de la junte militaire fasciste de 1980 est encore en vigueur. Cela rend possible le contrôle total de toutes les institutions de la part des militaires. Une fois par semaine, les politiques intérieures et extérieures sont décidées par le Conseil National de Sécurité (MGK) auquel prennent part les généraux des Forces Armées.

Pendant des années, une politique d’assimilation et de démolition des Kurdes a été mise en œuvre : des milliers de personnes massacrées, des villages brûlés, des exécutions le long des routes et des évacuations forcées de régions entières. La langue et l’identité de ce peuple ont été interdites.

La Turquie a toujours été marquée par des massacres. Le dernier ayant eu lieu dans les prisons est survenu entre le 19 et le 22 décembre 2000 et s’est achevé avec 28 prisonniers brûlés vifs et blessés à mort. Les armes chimiques, qui brûlent les corps sans endommager les vêtements, utilisées par la suite à Falluja, étaient déjà connues de nous à ce moment-là puisque utilisées dans les prisons turques. Les prisonniers qui étaient en grève de la faim au finish ont été déportés dans les cellules d’isolement de type F et ont encore été torturés. Depuis ce moment, 122 personnes ont perdu la vie et 600 sont atteints de maladies incurables. Encore aujourd’hui, la grève de la faim au finish continue dans l’isolement total et dans des conditions inhumaines. Actuellement, même un avocat, Behiç Aşçı, une jeune femme, Gülcan Görüroğlu, ex détenue politique mère de deux filles, ainsi qu’une femme en prison, Sevgi Saymaz, mènent une grève de la faim jusqu’à la mort. [NDLT : la grève de la faim s’est achevée victorieusement le 22 janvier 2007]

Tout ces évènements que je rapporte reflètent la réalité de la Turquie, c’est-à-dire celle d’être un État fauteur de massacres et d’exécutions illégales de la population. Ce sont des exemples qui devraient en eux-mêmes suffire à démontrer la politique de terreur perpétrée systématiquement.

Encore une fois, je vous le demande : « Qui sont les terroristes ? Qu’est-ce que le terrorisme ? »


Déclaration de Avni Er

Au cours du procès en première instance s’étant déroulé récemment à Pérouse.

Le 1er avril 2004, j’ai été arrêté à Pérouse avec Nazan Ercan [NDLT : Zeynep Kiliç]. Cela fait désormais 25 mois que nous sommes détenus. Notre arrestation a été transformée en un authentique et véritable évènement médiatique. Nous avons été taxés de “kamikazes turcs” et de “mines errantes” par la presse italienne. Des affirmations absolument infondées et absurdes, destinées seulement à nous isoler du reste du monde.

Pourquoi avons-nous été arrêtés et isolés ?

Notre arrestation fait partie d’une stratégie planifiée par le régime fasciste en Turquie, avec la collaboration de l’Italie et d’autres pays européens car les rapports économiques avec notre pays sont fondamentaux au marché de l’UE. En fait, l’Italie entretient des rapports économiques avec la Turquie pour environ 7,1 milliards de dollars, en se plaçant au second rang d’importance après l’Allemagne, grâce notamment à la présence de grandes entreprises de l’industrie italienne (environ 200) comme FIAT, Pirelli, ENI, TIM et Bialetti, et aussi plus particulièrement avec l’industrie militaire. De plus, les forces armées turques ne détiennent pas seulement un pouvoir militaire mais plutôt économique. Ainsi, les intérêts prioritaires de la Communauté européenne ne concernent évidemment pas les Droits de l’Homme mais exclusivement les droits économiques.

Dernièrement, surtout depuis le moment où les négociations d’adhésion à l’Europe ont cours, on répète comme un ritournelle le présumé processus de démocratisation de l’État turc bien que, dans la réalité, les Droits de l’Homme et les règles élémentaires de démocratie soient violés systématiquement dans un nombre croissant d’actions répressives.

Nous aimons notre pays plus que ne l’aiment ceux qui le gouvernent, mais ceux qui s’opposent au régime, qui défendent les Droits de l’Homme, qui aspirent à l’égalité et à la justice sociale, à la liberté et à l’indépendance sont depuis toujours persécutés et écrasés par les forces armées.

Des douzaines de publications inspirées des idéaux d’égalité, de justice et d’indépendance ont été confisquées et censurées. Des centaines de révolutionnaires et de démocrates ont été tués dans les rues, emprisonnés, séquestrés et torturés. D’innombrables Kurdes ont été torturés seulement pour avoir revendiqué leurs propres origines et leur propre langue.

Vous connaissez les beautés de notre pays méditerranéen, ses plages, ses mers, la riche gastronomie… Un authentique et véritable paradis vacancier duquel sont cachées des réalités telles que la pauvreté et la faim endurées par 20 millions de citoyens de ce pays. Nous sommes des leurs.

Avez-vous jamais été réveillés par le bruit d’un char ? Avez-vous jamais subi une irruption de police, armes au poing, dans votre maison et entendu les rafales des balles ? Avez-vous jamais été témoins de tortures collectives ? Avez-vous jamais servi de cible pendant une manifestation autorisée comme celles du 8 mars ou du 1er mai ?

Avez-vous jamais été témoins d’assauts dans les prisons, de la part des forces armées, dans lesquelles des dizaines et des dizaines de détenus ont été brûlés vifs et mutilés pendant que leurs bourreaux affichaient un sourire sur leurs visages ?

Avez-vous idée de ce que signifie vivre dans un État qui autorise les “chasseurs de tête” fascistes à collectionner des trophées consistant en des parties mutilées du corps humain des révolutionnaires qui luttent pour l’indépendance et l’égalité dans leur pays ?

Cela, c’est le vrai visage de la Turquie que vous ne voulez pas voir. La réalité de notre pays est celle d’être gouverné par les forces armées fascistes qui utilisent le Parlement et la “démocratie” comme un masque, contraignant tout le monde à croire à leurs mensonges.

Cela, c’est le pays dans lequel nous vivons.

Nous, en Europe, nous donnons la parole aux gens opprimés par la Turquie et aux prisonniers politiques qui subissent depuis 2000 un régime d’isolement carcéral.

Le 19 décembre 2000, les détenus ont été torturés, tués, brûlés vifs : 28 prisonniers politiques ont perdu la vie de cette manière. En outre, l’alimentation forcée, pratiquée sur 600 prisonniers, est la cause d’une maladie qui détériore la mémoire. Cela, bien que les détenus aient résisté en réaffirmant leur volonté et en poursuivant la grève de la faim au finish.

Après le 1er avril, jour de notre arrestation, ce sont en effet exclusivement des sièges représentatifs d’associations démocratiques et d’organes de presse qui ont été perquisitionnés. Cette opération a donc seulement servi à créer un climat de terreur à notre égard.

Evidemment, en Turquie, la terreur a cours, une terreur perpétrée par l’État qui persécute, séquestre, torture, tue, brûle et détruit. D’autre part, il y a les forces populaires et révolutionnaires, lesquelles résistent à l’État terroriste. Leur lutte contre le fascisme et l’impérialisme est légitime car elle vise à affirmer la souveraineté populaire, la démocratie, l’égalité et la justice. Ils luttent contre l’État qui veut asservir le credo et la pensée des prisonniers politiques, leur résistance va de l’avant depuis six ans avec une incroyable abnégation malgré la faiblesse de leurs corps. Jusqu’à aujourd’hui, 122 prisonniers ont perdu la vie.

L’opération du 1er avril est une tentative d’étouffer la résistance en Turquie et en Europe. De fausses preuves ont été utilisées par la police turque pour arrêter et condamner les militants. À la fin, pourtant, la non authenticité de leurs accusations a émergé et a fait en sorte que tous ceux qui avaient été arrêtés ont été relâchés, c’est pourquoi, des 100 personnes arrêtées, aucune n’est encore détenue. Cela démontre à quel point il est facile d’être accusé, puni, isolé et condamné à tort

Lutter contre un tel régime terroriste est sans aucun doute un droit légitime du peuple.

L’Italie ne peut pas oublier la Résistance contre le fascisme durant la 2de Guerre Mondiale, c’est pourquoi votre rôle devrait être celui de juger le régime fasciste turc. En fait, ce devrait être un devoir de l’humanité de demander des comptes à l’État turc pour ses responsabilités dans tant de crimes commis, ainsi que de revendiquer savoir ce qu’il est advenu des personnes disparues, victimes de la répression.

En nous jugeant coupables, vous vous associeriez au régime fasciste turc.

Ne soyez pas ses complices.

 

Prison de Nuoro, Sardaigne, 24 août 2007

Chers compagnons,

Je suis Avni Er, je suis un communiste turc et je me trouve depuis le 1er avril 2004 dans les prisons italiennes. L'État turc a demandé aux autorités italiennes mon extradition. Je voudrais vous dire quels sont les motifs pour lesquels mon extradition a été demandée et si ce qui m'attend a été accepté.

Quels sont mes crimes?

Je suis un communiste. Je ne peux pas passer sous silence les massacres qui se déroulent dans mon pays. Je cherche à informer tous ceux qui défendent les Droits de l'Homme dans un monde d'inhumaines conditions et de massacres en Turquie. Je suis accusé d'avoir protesté contre le ministre des Affaires étrangères de Turquie au Parlement européen à Bruxelles. En fait, le ministre turc a été chahuté durant son discours au Parlement. Cette protestation était légitime et démocratique. Alors qu'il faisait son discours, quelques cartons ont été montrés portants les photos des corps des prisonniers brûlés durant l'une des nombreuses attaques militaires dans les prisons turques. Il s'agissait de photos des massacres survenus en 1999 à Ankara et ordonnés par le gouvernement que le ministre représentait. Une telle violence devait être dénoncée au monde entier. Même si je n'étais pas à la protestation, j'en suis totalement solidaire. C'est un devoir pour tous ceux qui défendent les Droits de l'Homme et la démocratie de protester contre les massacres de l'État fasciste turc.

[...]

Lorsque nous parlons de l'État fasciste turc, nous savons ce que nous disons et ce n'est pas une exagération ou de la démagogie. La Turquie est une terre sur laquelle l' "État" permet aux "chasseurs de tête" fascistes de collectionner des trophées consistants en des parties mutilées des corps des révolutionnaires qui luttent pour l'indépendance et l'égalité. Des douzaines de publications inspirées d'idéaux d'égalité, de justice et d'indépendance ont été retirées et censurées. Des milliers de révolutionnaires, communistes et démocrates ont été tués, emprisonnés, torturés. 30.000 Kurdes ont été massacrés et torturés seulement pour avoir revendiqué leurs propres origines et leur propre langue. Voilà l'État qui a demandé mon extradition.

La démocratisation de la Turquie n'est que basse démagogie. La Cour européenne (des Droits de l'Homme) elle-même a condamné plusieurs fois la Turquie pour ses politiques discriminantes et pour ses violations répétées des droits humains. Les révolutionnaires, les démocrates ne disposent d'aucune sécurité pour leurs vies; nous, nous n'avons pas de sécurité de vie en Turquie. En m'extradant, les autorités italiennes s'associeront au régime fasciste turc en devenant responsable des tortures, des traitements inhumains et dégradants auxquels je serai soumis.

C'est pourquoi, il faut que les autorités italiennes sachent que si elles tentaient de m'y transporter contre ma volonté, elles ne réussiront qu'à y envoyer mon corps sans vie.

Avni